A P G A

L'Association Phonique des Grands Artistes

Mise à jour: 10 juillet 2015


Si vous vous reportez à la page dédiée aux Droits d'Auteurs, vous savez qu'à partir de 1905, un droit devait être payé par les fabricants de disques à toute oeuvre chantée. Les revenus étaient versés aux Maisons d'Edition, ce qui a fait que tous les artistes lyriques et de café-concert ont créé une maison d'édition, soit à leur nom, soit en association. C'est le cas de l'APGA.

C'est le 11 mai 1906 que l'APGA voit le jour au 15 rue du Louvre avec le grand enthousiasme qui convient à ceux qui avaient gagné leur procès historique contre les fabricants de disques. La société est établie au capital de 75.000 francs, fondée par M.Salomon en sa qualité d'Ingénieur et de chef d'orchestre. Les statuts stipulent que "La société a pour objet la mise en rapport et l'exploitation de l'enregistrement phonique des sons émis par les artistes adhérents à l'Association".

A noter que les statuts mentionnent qu' "Il est créé une commission dite "Comité de répartition des bénéfices aux artistes adhérents".

Le noyau fondateur était composé de:

Mmes Alice Verlet, Charlotte Agussol, Affre, Gresse, Nivette, Paty, Galipaux, Dumeny, Piccaluga, Weber, Aumonier, Polin, Dranem, Mayol, Bergeret, Yvonneck... Chaque artiste adhérent devait l'exclusivité de ses enregistrements à l'APGA. Polin y signe son premier contrat en juillet 1906 et enregistre Petite Tonkinoise.

D'autres artistes rejoignèrent l'APGA par la suite. On citera Lucien Muratore, Léon Melchissédec, Alexis Ghasne, Mary Boyer, Galipaux, Montoya, Privas...

Le 17 juil. 1906, le capital social est augmenté à 400.000 francs. APGA rachète Excelsior Record (manufacture de disques artistiques), et son siège est transféré au 16 rue de Balzac. La société est donc équipée pour enregistrer et produire ses propres disques. La technologie retenue est héritée d'Excelsior, granvure latérale, disques à aiguille (et non pas à saphir).

Le 30 oct. 1906, le capital social est augmenté à 1.000.000 francs. L'actionnaire principal est un établissement bancaire. Les disques commencent à sortir en 1907.

Le 28 déc. 1909 le capital social est augmenté à 2 400 000 francs, et APGA reprend l'actif net de la Compagnie Internationale Phonique (CIP), en liquidation. Les disques de CIP portent alors la mention 'Enregistrement APGA'. C'est ensuite que l'APGA connait à son tour de graves problèmes financiers et juridiques, plusieurs artistes ayant poursuivi la société pour fraude...

Le 25 juillet 1910, Pathé rachète 8 presses pour 5.000 francs et commence les négociations pour les 80 artistes qui sont en contrat exclusif. Affre concède déjà 50 morceaux à Pathé. Le 6 décembre 1910, une convention est signée entre APGA et Pathé Frères: Pathé va verser 15.000 Francs à APGA et lui versera une 'royaltie' de 0.10 centimes par disque APGA vendu par Pathé Frères.

Le 24 juin 1912, la société qui était domiciliée 16 rue de Balzac à Paris, et qui avait pour capital 2.400.000 francs passe la main, le tribunal procède à la liquidation judiciaire de l'APGA qui sera dissoute en 1913.

Pathé s'était rapproché de l'APGA et un accord (dont on ne connait pas les termes exacts) a été conclu fin 1910, date à laquelle on a vu que certains artistes qui avaient signé avec l'APGA ont pu chanter pour la firme Pathé-Frère.
Pathé a pu rééditer les artistes (qui avaient déjà chanté avant 1906 pour Pathé): Bergeret, Polin, Dranem, Affre, Noté et Aumonier. Afin de distinguer ces nouveaux enregistrements, et calculer des royalties, Pathé-Frères les édite en utilisant une numérotation spéciale, précédée d'un P, C'est la première fois que Pathé adoptera un numéro commun sur les deux faces du disques puisque normalement les titres correspondaient au numéro de l'oeuvre chantée (souvent appelé numéro Catalogue).

On a souvent pensé que Pathé a racheté les enregistrements des disques. Je ne le pense pas. La machine à transférer les disques à gravure latérale de l'APGA vers les disques à gravure verticale de Pathé n'existait pas à l'époque (ce type de machine a existé à partir de 1925 à l'apparition de l'enregistrement électrique)... De plus, les annonces des disques APGA commencent tous par le titre suivi de 'Disque APGA', ce qui ne convenait pas pour Pathé.... Il est plus que probable que Pathé ait repris l'exclusivité des artistes seulement et les a fait réenregistrer les titres déjà édités par APGA. Et c'est logique: il était difficile pour une firme comme Pathé-Frères de se passer d'artistes renommés seulement parce que ceux-ci avaient signé un contrat d'exclusivité avec l'APGA... De plus, des artistes comme Aumonier ou Bergeret avaient déjà chanté pour Pathé avant de signer avec l'APGA, Le retour de ces artistes renommés chez Pathé n'était que pure logique, surtout quand on sait que certains artistes sentaient que leur contrat avec APGA devenait un peu pesant... .
Je citerai Bergeret qui avait enregistré quelques cylindres pour Pathé en 1900 et qui écrira dans ses mémoires '30 ans de théatre': L'Association vécut deux années et, liée par l'exclusivité, elle fut une affaire lamentable pour les artistes adhérents sauf pour quelques uns de la grande maison... ". Il ne fait pas de doute que Bergeret était favorable à la signature du contrat entre APGA et Pathé-Frères...

Ecoutons pour notre plaisir deux enregistrements du même titre chantés par Dranem : N'égratinez pas l'Jésus, le premier édité par APGA, le second chez Pathé-Frères:

Numéro 1868 - N'égratinez pas l'Jésus - Disque APGA

Numéro P3105 - N'égratinez pas l'Jésus - Disque Pathé - APGA

Dranem

Dranem chantant "N'égratignez pas l'Jésus"


Affre édité chez APGA

Une étiquette APGA du disque chanté par Affre
"O Céleste Aïda"


étiquette CIP

Une étiquette de la Compagnie Internationale Phonique qui porte la mention 'enregistrement APGA'.


disque Pathé-APGA

Une étiquette typique de Pathé - APGA

 

Chez Pathé Frères, voici la liste disponible chez 'De la Belle Epoque aux Années Folles' des disques hérités de l'APGA

Chanté par Paul Aumonier

P302 - Les Huguenots - Pif! Paf!
P302 - Les Huguenots - Choral de Luther
P303 - Roméo et Juliette - Invocation

Chanté par Jean Noté

P103 Henri VIII - Qui donc commande
P105 Faust - Invocation
P106 Hérodiade - Vision fugitive
P107 Tahnhauser - Romance à l'étoile
P109 Le Bal Masqué 'Et c'est Toi'
P109 La Traviata - Lorsqu'à de folles
P111 La Favorite- Pour tant d'amour
P114 La coupe du roi de Thulé
114 L'étoile confidente (Robaudi)
P2100 La chanson des peupliers (F.Doriat)
P2102 Pauvres fous (Tagliafico)
P2102 La voix des chênes (Goublier)
P2103 Les Rameaux (Fauré)
P2103 Les Sapins (P.Dupont) - Mélodie
P2104 Si j'étais dieu (Marietti)
P2104 L'Angélus de la mer (Goublier)
P2105 L'Insensé (Rupès) - Scène dramatique
P2105 La barque volée (J.B Collignon)
P2106 Noël (Adam) - Cantique
P2106 Charité (Faure)
P2108 Marche vers l'avenir
P2117 Le violon brisé (Herpin)
P2117 Noël des Gueux (Gérald - Vargues)
P2123 Le soldat (Pastor)
P2124 Hymne à la Charité (Depp)
P2124 Ave Maria (Gounod)
P2125 Alleluia d'amour
P2127 Novembre (Trémizot)
P2127 La Croix du chemin (Goublier)

Chanté par Affre

P5 - Lucie de Lammermoor - O bel ange
P5 - Le Trouvère - Romance
P1503 - avec Mlle Marignan-Aïda - Mourir, ô toi si belle - Duo final
P1503 - avec Mlle Marignan - Aïda - Je te revois enfin - Duo

 

Chanté par Dranem

P3103 - Coun! Coun! Piccadilly
P3103 - Les fruits cuits (Guttingue)
P3105 - N'égratignez pas l'Jésus (Christiné)
P3105 - Pom Pom Pom (Guttinguer)
P3108 - La mère du père (Paul Gay)
P3108 - Viens dans ma hutte - Valse glacée
P3110 - Les yeux cousus (Christiné)
P3118 - Ah ! Les Chinois (D'Orvict)
P3118 - Sérénade mouillée (Perpignan)
P3119 - Chasseur Sachez chasser
P3119 - La raie (Combes-Briollet)

Chanté par Bergeret

P3002 - Le Charmeur des Tuilleries (A Comès)
P3002 - En sifflant (Thuillier Fils)
P3003 - Le Pifferaro (Thuillier Fils)
P3003 - La Chanson des Montagnards
P3010 - Coucou, Rossignol, Pinson
P3010 - Ma trompette (Thuillier Fils)
P3012 - Barque des amours
P3012 - Les clairons français (Thuillier Fils)
P3013 - Sous l'Aigle d'or
P3015 - Aubade à l'Hirondelle
P3015-2 - Chanson du Turco (Brunel)
P3027 - C'était une blonde jolie (L.Marie)
P3027 - Echos du Tyrol (St Servan)

Chanté par Polin

P3119 - Situation intéressante
P3501 - Y a l'feu en ville
P3501 - P'tit cochon d'amour (Mécham)
P3502 - Vas-y donc, Mélina (Jules Mérot)
P3502 - La balance automatique
P3503 - C'est gentil (Christine)
P3503 - Sacrée Corvée
P3505 - Sérénade du Piou-Piou (Christiné)
P3505 - La lecture du Rapport
P3506 - Soirée aux Folies-Bergère
P3506 - Ma cousine Aline (Christiné)
P3508 - La pette pharmacienne
P3508 - La femme au régiment
P3512 - L'amour (Christiné)
P3512 - Nous sommes les trouffions
P3513 - Philomène(Christiné)
P3513 - Les P'tits Systèmes (Christiné)
P3514 - Sous Napoléon (Christiné)
P3514 - Les mémoires d'un troufion
P3521 - Les trésors de ma bonne amie
P3522 - Mam'zelle Juliette
P3522 - Les troupiers de Marguerite
P3525 - Un drame dans la colonne
P3525 - Une conquête militaire
P3527 - Marchons légèrement
P3527 - Candeur Virginale
P3529 - Le frotteur de la Colonelle
P3529 - Le Moine du commandant
P3531 - Quand un soldat
P3531 - Les troupiers mécontents
P3536 - Le soldat méfiant
P3536 - Les questions de Louise
P3537 - Ah! Je l'attends
P3537 - La statue
P3538 - Comme ça fait plaisir
P3538 - Balade foraine
P3539 - Ca, c'est l'amour!
P3539 - A la Payse (Saillart)
P3542 - L'invitation d'amour
P3542 - C'est aujourd'hui dimanche
P3543 - Les cadres de l'armée
P3543 - En frottant le salon
P3544 - Les plis de la main
P3544 - Histoire d'anguille
P3549 - La Noce d'Isabelle,
P3549 - Le délit d'Adultère

Article signé Gérard Frappé avec la collaboration de Christian Zwarg et de son site Truesoundtransfers , et un enregistrement du disque APGA N'égratinez pas l'Jésus réalisé par Lionel Risler. Certaines notes proviennent des comptes-rendus des conseils d'administration de Pathé-Frères.

Retour à la page d'accueil