Alibert


Henry Allibert est né le 3 décembre 1889 à Carpentras. Il va passer son enfance à Loriol du Comtat dans une petite maison située en bordure du chemin de Monteux. Mais ses parents divorcent et, à l'âge de quatorze ans il va vivre à Avignon avec sa mère, ses frères et soeurs et devient apprenti pâtissier. Le chant l'attire, il aime se faire entendre en famille puis dans les cafés où il est serveur. A quinze ans Henry Allibert chante pour la première fois en soliste à Monteux et interprète des chansons du répertoire Mayol. On l'annonce comme le Mayol miniature. Mais il fera ses vrais débuts de chanteur en 1907 au Palace et dans les cafés concert d'Avignon. Mitron la journée, chanteur le soir et les dimanches, il n'en restera pas là.

Il monte à Paris en 1908 où il s'engage comme artiste professionnel aux Galeries Saint Martin et dans les cafés concert de second ordre. Il ôte un " l " à son nom et prend son envol vers la gloire. Toupet sur la tête et muguet à la boutonnière, il continuera à imiter Mayol. N'étant pas très beau ni très grand, n'ayant guère de voix, dansant mal et jouant mal la comédie il réussira par son travail consciencieux et son respect du public. En effet, il mettait des heures pour mettre en place une chanson et était arrivé à une diction irréprochable. On ne perdait pas un mot de son texte. Tel le phonographe Pathé, il chantait clair.Il est appelé sous les drapeaux à Marseille de 1908 à 1910. Sitôt libéré de ses obligations militaires, le voilà reparti pour Paris.

Il chante au concert Concordia jusqu'en 1912. Le 24 octobre de cette même année, il convole en justes noces à Marseille avec Elisa Rosalie Espanet, pianiste virtuose qui n'est autre que la fille du célèbre Vincent Scotto. C'est le début d'une longue et fructueuse collaboration entre les deux hommes qui est entre autres à l'origine de la création du célèbre " Mon Paris " interprété sans accent méditerranéen. . Deux ans plus tard, il connaît à nouveau le succès avec " Dans ma péniche " et " Pouet pouet ".

Il participe ensuite à une tournée dans toute la France qui le conduit jusqu'à l'Alcazar de Marseille où il reste à l'affiche durant octobre et novembre 1913. C'est la consécration. Cette montée vertigineuse est malheureusement stoppée par une mobilisation dans une section de mitrailleurs du troisième régiment d'infanterie. Mais il se révèle un piètre soldat. On l'envoie alors chanter dans les lignes arrières pour raviver le moral des troupes. Démobilisé en 1917, il repart aussitôt vers Marseille et troque vite son habit militaire contre celui de lyrique, pour remonter sur les planches du Casino de la plage. Il se dirige vers la revue. Il va devenir en 1928 une vedette incontournable.

Marcel Pagnol venant de rencontrer un énorme succès grâce aux deux premiers volets de sa trilogie au Théâtre des Variétés, il va avoir l'idée de créer les opérettes marseillaises retrouvant pour l'occasion son accent d'origine. Il sera aidé dans cette entreprise par son beau-père.

Alibert

Photo tirée du catalogue Pathé

 


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Alibert participera souvent à l'écriture des livrets.
- en 1929, il est à l'affiche de l'opérette " Elle est à vous ".
- en 1932, c'est " Au pays du soleil ".
- en 1933, " Trois de la marine "
- en 1934, " Les arènes joyeuses " et " Zou, le midi bouge"
- en 1935, " Un de la Canebière "
- en 1936, " Les gangsters du Château d'If ". Il obtient cette même année le grand prix du disque avec " Le noël des petits santons ".
- en 1937, il tourne aussi dans des films : " Tintin des Martigues " et " Un soir à Marseille ".
- En 1940, l'opérette " Ma belle marseillaise " et " Qué coup de mistral ! "
- En 1941, " Port du soleil ".
- En 1943, " Les gauchos de Marseille ".
- En 1945, il se tourne vers la composition de chansons.

On lui doit de nombreuses chansons, dont certaines édités chez Pathé sur disques à saphir:

058 - Tè mon bon
898 - C'est papa, c'est parisien
3547 - Au son de l'accordéon (Vincent Scotto) Java
3547 - Le môme Camille (Nelly Halet) Valse musette

3548 - Si vous rencontrez...dans votre voyage (Borel-Clerc)

3548 - Y avait un thé Tango (Borel-Clerc)

3623 - Place de l'Opéra (Yegson & J.Gey)

3623 - Un p'tit accordéon (Merca) Fox-Trot
3625 - Sur les boulevards de Barbes à Clichy /
3625 - C'est moi le mari
3626 - Frédo (J.Sieule) - Java
3626 - La plus belle (Darlay) - Valse populaire chantée par Alibert et Mlle Gaby Sims
3647 - Constantinople
3647 - Per' francois
3648 - Le veuf à la mode
3648 -Boudiou qué pastis
3649 - Tè mon bon / Baptistin à Marseille

S.94.144 - C'est papa, C'est parisien

En attente d'enregistrement, et en disques à aiguille, La Belle Epoque aux Années Folles possède aussi:

- Sur les plancher des vaches / L'amour, c'est une étoile
- La douceur d'aimer / Pourquoi
- J'aime la mer comme une femme / Le plus beau tango du monde
- Le plaisir de la pèche / Youpi la valse du racati
- La rosse rouge / Chez vous en Espagne
- Si l'on ne s'était pas connu / C'est peu de chose
- Sur les bords de la seine / Ma Rosine
- J'ai rêvé d'une fleur / Miette
- Véronique le printemps est là / C'est toi chérie mon seul amour
- Antoinette / Quand on a son volant en main (Rose Carday)
- Adieu notre rêve / Nice la belle
- Cane Cane Canebière / vous avez l'éclat de la rose
- Adieu Venise provencale / Je ne veux pas d'autre femme que vous
- Pourvu qu'on rigole / Je n'ai que mon coeur

Il dirigera aussi le Théâtre des deux ânes, la Scala, l'Empire et le Théâtre des Variétés où seront créées ses meilleures pièces.
Un grand nombre d'entre elles seront adaptées en film.

En 1949, il est victime d'un grave accident de voiture. La maladie vient se greffer à la suite de cet accident, il ne se remettra pas de ces tristes évènements et meurt dans sa villa de la corniche à Marseille le 23 janvier 1951, il a 62 ans. Il repose au cimetière Saint Pierre de Marseille dans le même tombeau que Vincent Scotto qui l'a rejoint l'année suivante.

Sa popularité sera telle que plus de cinquante ans après, on fredonne encore les refrains de ses plus grands succès.

Un article signé Laurent Wolf

Bibliographie :
CD : Du Caf CONC au MUSIC HALL, ALIBERT - Ed EMI
La chanson française - Pierre Saka - Ed Fernand Nathan
Un grand merci à la mairie de Loriol du Comtat qui m'a fourni de précieux documents.

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