Les débuts de l'aviation en musique !

Mise à jour: 1er novembre 2010

Cette page n'a pas pour but de raconter une histoire précise des débuts de l'aviation, et certains seront frustrés de ne pas voir tous les noms de nos célèbres aviateurs pionniers. Mais,patriotiques ou drôles, les débuts de l'aviation ne sont pas passés inaperçus au début du 20e siècle par les compositeurs de musiques qui ont su adapter leurs chansons à cette nouvelle invention. Voyons un peu...

Les précurseurs

Il y a bien des précurseurs qui ont inventé des 'machines volantes' et les principes de base de l'aviation étaient à peu près tous posés dès 1850 (les appareils de Henson en 1842 ainsi que le triplan de Springfellow sont assez semblables aux appareils volant de 1910). Ils ne leur manquaient que la puissance d'un moteur léger pouvant être monté sur un aéronef...

Après 1900: les progrès des moteurs

Au tout début de l'aviation, les aviateurs se heurtaient encore à l'impossibilité d'utiliser des moteurs à explosion. Les américains, les italiens et les français s'étaient lancés dans la bataille pour gagner des records qui aujourd'hui peuvent nous sembler bien faciles. En 1903, les frères Wright équipent leur biplan d'un moteur de 16 CV qui leur permit de parcourir 260m. En 1904 l'ingénieur français Léon Levavasseur crée le fameux moteur "Antoinette" qui ne pesait que 50 kg pour une puissance de 25 CV. Ce moteur fut utilisé d'abord sur un bateau de course dont la marraine n'était autre qu'Antoinette Gastambide, qui laissa son prénom au célèbre moteur...

En 1906, les frères Wright parcoururent 40 km à 60 km/h grâce à un moteur de 25 CV.
Le rapport Puissance/Poids était primordial et les progrès des moteurs Antoinette permirent à Blériot à charger sur son monoplan un moteur développant 50 CV pour seulement 85kg. Les multiplans qui avaient la particularité d'augmenter la surface de portance commencèrent alors à laisser la place aux monoplans qui eux avaient une meilleure pénétration dans l'air, amélioraient la vitesse de l'avion, et surtout étaient plus stables.
Levavasseur s'est lancé dans la bataille de l'aviation en tant qu'industriel, construisit un terrain d'essais à Mourmelon et compta parmi ses pilotes Latham, Burgeat, Demanest. Ils construisirent 4 monoplans, tous appelés Antoinette.

En 1909, Latham gagna sur son Antoinette IV le record français du vol mécanique en se maintenant en l'air 67 minutes et 37 secondes à une altitude allant jusqu'à 40m.

La nef du grand palais s'est ouverte à une exposition aéronautique en 1908. La foule s'écrasait devant les stands et discutait des formes des appareils et le succès allait surtout vers les appareils biplans, évocateurs de la jeune gloire des envolées des Wright, du capitaine Ferber, de Delagrange, de Farman. Par contre en 1909, c'est le monoplan qui assure sa revanche, formes cadoptées notamment par Blériot, d'Esnault-Pelterie et ceux construits par la firme Levavasseur notamment.

Un concours fut organisé pour traverser le Pas de Calais en 1909. Les frères Wright déclinèrent et ce fût Latham qui tenta la première fois, porté par un lyrisme journalistique étonnant. Ne pouvait-on pas lire en 1909:

"Laissons l'ambition de Latham poursuivre au-dessus des lames et des remous du Pas de Calais le but qui lui apparaît rayonnant sur la côte anglaise. S'il le touche, l'humanité entière l'atteindra en même temps que lui".

Il ne réussira pas, son moteur s'étant cassé à 12 km de son point de départ...

Blériot réussit quelques jours après avec un moteur italien de 25 CV du constructeur Anzani fin juillet 1909.

L'époque d'avant la première guerre mondiale était décidément au lyrisme patriotique. Écoutons Marcelly dans ce titre très symbolique 'A la France, donnons des Ailes"

, édité chez Pathé-Frères sous le numéro catalogue 618.,
ou encore Bérard dans la Marche Aviation,

paru toujours chez Pathé-Frères sous le numéro 909.
A la même époque, dans un genre plus léger, Fragson compose une chanson que Karl Ditan interprétera chez Zonophone:Viens dans mon aéroplane.

Henson

Stringfellow

 

Blériot

Louis Blériot dans son appareil en 1909


Pour comprendre les choix techniques qui se posaient à l'époque, il faut comprendre que pour gagner de la vitesse, il fallait à la fois augmenter la puissance du moteur et trouver une forme d'appareil qui offre le moins de résistance à vaincre.
Les appareils deviennent de plus en plus puissants et l'aérodynamique s'améliore encore, jusqu'à l'année 1927 ou c'est la traversée de l'Atlantique qui sera tentée par les pilotes Nuggesser et Coli dans le fameux Oiseau Blanc. Toute la France avait les yeux fixés sur eux, comme dans les chansons.

Ecoutons Malloire chanter 'L'oiseau Blanc' édité chez Perfecta.

Il parait que plusieurs témoignages autorisent à penser qu'ils auraient réussi leur exploit en atteignant la côte américaine. Hélas pour eux, ils s'écrasèrent soit au Canada, soit au large de Saint-Pierre et Miquelon...

 

Nungesser et Coli

L'oiseau Blanc à bord duquel Nungesser et Coli disparurent en 1927

On retrouve dans notre collection les titres suivants qui traitent soit avec humour soit avec patriotisme les progrès de l'aviation.

en 90 tours (avant 1916):
618 - A la France, donnons des ailes (J.Sieule) - Chanté par Marcelly

909 - Marche aviation (Berniaux) - Chanté par Bérard
1584 - Aéro-Lune - Chanson grivoise - Chanté par Charlus


En 80 tours (après 1916):
2318 - Le soldat aviateur (Christiné) - Chansonnette - Chanté par Polin(le disque est partiellement abîmé).

4859 - La Marseillaise de l'Aviation (Dugas) - Chanté par les Esnard's
3386 - Les Ailes 'Wings' (J.S Zamecnik) - Chanté par Robert Marino
4520 - Marche aviation (Berniaux) - Chanté par Bérard - repris du disque n°909
Calvaire d'aviateur (Desmoulins) - Chanté par Fred Gouin

Chez d'autres éditeurs:

x2-82056 - Dans mon aéroplane (Fragson) - Chté par Karl Ditan de Parisiana - Zonophone

H183B - L'homme aux folies (Desmoulins) - Chanté par Gesky - Henry

Gérard Frappé

Remerciement à Lionel Risler pour le titre L'oiseau Blanc'

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