André Baugé, baryton

Mise à jour: 20 Août 2008

S'il y a un nom à retenir dans l'histoire de l'Opérette française, c'est bien celui d'André Baugé. Ce "baryton martin" interprétera tout d'abord le répertoire d'opéras et d'opéra-comique, avant de se tourner dans les années 30 vers l'opérette et le cinéma qui lui ont assuré un succès foudroyant jusqu'à la fin de sa carrière. Sa voix très caractéristique du baryton-martin, ronde et chaude, fera les beaux jours des théâtres français et aussi... du phonographe!

Celui qui fut surnommé le "baryton de l'entre deux guerres" connaîtra grâce à sa longue et diversifiée carrière une gloire incroyable avec juste un seul poumon... voilà pour l'anecdote!...

André Baugé incarne véritablement le Prince de l'Opérette Française.


André Baugé naît à Toulouse le 04.01.1893 fils d'Alphonse Baugé et d'Anna Tariol. Bien que fils de deux chanteurs, la célèbre diva d'opérette Anne Tariol-Baugé (dont on trouve des disques chez Zonophone et Gramophone) et d'Alphonse Baugé, baryton à l'Opéra, et malgré des dispositions précoces pour le chant, rien ne le destine à une carrière de chanteur puisqu'il il veut être peintre. Son père qui est sculteur l'initie à l'art plastique. André entre aux Beaux-Arts de Paris et à 18 ans, il expose à la Société des Artistes Français. Finalement, il émet le désir de devenir chanteur, et malgré les réticences de sa mère, il entreprend des études de chant.

Il débute sous le pseudonyme d'André Grillaud à Fécamp, puis part à Grenoble pour une saison. Il y joue Vitelius d'Hérodiade, Joquelet du Grand Mogol, et dans Gilette de Narbonne. Il y connait le véritable tournant de sa carrière et alterne les représentations entre l'opéra et l'opéra-comique. Il se voit offrir son premier grand rôle important, celui de Figaro dans le Barbier de Séville. Rôle fétiche qui déterminera sa carrière et qu'il gardera tout au long de cette dernière. Ensuite vient un grand nombre d'engagements.

En 1914, la guerre l'oblige à rejoindre le 2e RIC de Brest. Il est lieutenant en 1917 lorsque qu'il est gravement gazé et réformé. Il perdra un poumon. Baugé père et fils seront tous les deux décorés de la Légion d'Honneur,

Alors qu'il est encore convalescent, il débute à l'Opéra-Comique le 1er avril 1917 dans le rôle de Frédéric de Lakmé. Il y restera pensionnaire jusqu'en 1925 chantant tout le répertoire et reprenant avec un vif succès La Basoche, Marouf, etc. Il créera notamment 'Masques et Bergamasques' de Gabriel Fauré. L'Opéra-Comique ne lui fut qu'un tremplin pour conquérir l'Opéra Garnier. Il est désigné pour chanter Marouf et La Traviata (le rôle de Rodolphe). Il créera Monsieur Beaucaire et Venise.

Il passera ensuite dans différents théâtres où il triomphera véritablement et se fera connaître par un plus vaste public dans les opérettes: à la Porte Saint-Martin, au Théâtre Marigny (Monsieur beaucaire, Ciboulette, avec Edmée Favart le 2 octobre 1926), au Trianon Lyrique, (dont il fut le directeur), à La Gaité (création de Paganini), aux Folies-Wagram (création de l'Orloff et de Térésina), au Châtelet (création de Niana-Rosa), à Mogador où en 1942, il chantera avec sa mère pour la reprise de Véronique. Il fut l'interprète et très souvent le créateur de nombreuses oeuvres dont plusieurs furent écrites spécialement pour lui. On citera Valses de Vienne, Nina-Rosa, Roses de France...

Baugé

André Baugé

André Baugé n'hésite pas à écrire lui-même des paroles sur des musiques qu'on lui confie; on lui doit quelques adaptations françaises comme notamment 'Le Jardin du Souvenir' (A garden in the rain) de Lewis Gibbons. Il fut également l'auteur et le créateur d'une opérette: Vouvray dont la musique fut composée par Rodolphe Hermann.

Il tourne également dans de nombreux films, alors que ces derniers sont les premiers parlants (ou chantants !): La Route est Belle (1929), Tango d'amour (1930), un Caprice de Pompadour (1931), la Ronde des Heures (1931), Rêve de Vienne (Das Lied is aus) (1932), Pour un sou d'amour (1932), Le Roman d'un jeune Homme pauvre, L'Ange Gardien (1934), puis des opértetes fimées: La Fille de Madame Angot (1935), Le Barbier de Séville, Ce n'est que votre main madame, avec Marlène Dietrich et dont la musique a fait un énorme succès (film de Rober Land)...

Dès 1919, il s'adonne sans retenue à l'enregistrement de ses succès sur disques Gramophone. Finalement, il se tourne vers Pathé Frères à qui il restera fidèle jusqu'à la fin de sa carrière, devenant un des chanteurs pilier de la firme avec Villabella et Vallin. Ses disques furent comme souvent à partir de 1926 édités à la fois en version saphir et en version aiguille. Il fut également un des premiers chanteurs à graver sur la série prestigieuse Pathé-Art.

Après les années sombres de la deuxième guerre mondiale où il demeure silencieux sur ses prises de positions politiques, il fait ses adieus en 1946 pour se consacrer à l'enseignement; il sera professeur de "phonologie" au Conservatoire de Paris. Il sera aussi Président de la Fédération des Combattants du Spectacle et de L'Association des Artistes Lyriques Anciens Combatants.

Il fut marié à Suzanne Laydeker et eut un fils. Sa femme se remaria avec Guy Grinda (1923 - 2005), lui aussi chanteur d'opéra.

Très attaché aux Pays de La Loire, (il doit peut-être son nom de scène) il fait une dernière apparition au théâtre municipal d'Angers en février 1966 dans 'Valses de Vienne' avec sa fille Alick Baugé.

André Baugé meurt à l'hopital Beaujon de Paris des suites d'une congestion pulmonaire au matin du 25 mai 1966.

Peut-être que certain havrais se souviennent-ils encore de son yacht, l'Arielle, qui fut longtemps ancré dans le bassin du Commerce avant la seconde guerre mondiale?...

Un article signé Samuel Marc, dédié à son grand père Georges

 

 

La route est belle

L'affiche de 'La route est belle'

On retrouve dans la collection de DLBEAAF les titres suivants qui illustrent bien les aspects liés à l'opéra et à l'opéra-comique, allant même jusqu'à la variété:

0425 - Benvenuto Cellini (Eugène Diaz) - 'de l'Art, splendeur immortelle', (1926)
0425 - Carmen (Bizet) - Air du Toréador (1926),

0607 - Hérodiade (Massenet) - 'Salomé, Salomé, laisse-moi t'aimer',

0607 - Sigurd (Reyer) - 'Et toi Freia',
3393 - Ce n'est que votre main, Madame (Ralph Erwin),

3393 - Minuit, Place Pigalle (B.Granichstaedten)

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