Les Concerts Colonne

 

Né à Bordeaux le 23 Juillet 1838, il resta au Conservatoire de cette ville dans les classes de solfèges et de violon jusqu'n 1855, époque à laquelle il fut admis au Conservatoire de Paris dans les classes de Girard (violon) et d'Elwart (harmonie) d'où il sortit avec les deux premiers prix en 1858 et 1863 respectivement.

Entretemps il avait étudié avec Ambroise Thomas le contrepoint, la fugue et l'orchestration. C'était un élève calé, et l'on pensait qu'il irait jusqu'au grand prix de Rome : mais sa vocation ne le poussait pas plus du coté de la composition que du coté de la virtuosité.

L'excellente éducation musicale qu'il avait reçue au Conservatoire, les années qu'il passa comme premier violon dans l'orchestre des Concerts Populaires, sous l'habile direction du vieux maitre Pasdeloup, et l'étude approfondie des oeuvres du grand répertoire classique, décidèrent de sa destinée : il serait chef d'orchestre. L'occasion ne se fit pas attendre, car M.Duquesnel, le critique dramatique du Gaulois, qui est en même temps le brillant chroniqueur du Petit Journal, appelé en 1872 à la direction du Théâtre National de l'Odeon, reçut un drame antique de M.Leconte de Lisle intitulé Les Erynnies pour lequel on devait prier Litolff de créer la musique de scène. Vaucorbeil qui devait devenir quelques années plus tard directeur de l'Opéra, mais qui n'était alors que commissaire du Gouvernement auprès des théâtres subventionnés, conseilla de prendre de préférence un tout jeune homme, Prix de Rome de 1863, qui semblait promettre beaucoup (et qui a beaucoup tenu). Il s'appelait Jules Massenet. Ce fut lui qui écrivit la partition des Erynnies, et, sur l'indication de Paladilhe, (qui plus tard devint le genre de Leconte de Lisle), c'est Colonne qui la dirigea à la tête d'un excellent et très complet orchestre de professionnels qu'il avait réuni quelques mois auparavant dans le but de " déchiffrer "de bonnes musiques". Ce fut une révélation. Si le succès de Jules Massenet fut grand, celui du jeune chef d'orchestre ne lui céda en rien et cela décida M.Duquesnel, aidé par l'éditeur de musique Hartmann, à donner en matinée à l'Odeon, sous le titre de Concert National, des séances musicales qui furent très intéressantes et très suivies.

C'est le Concert National, c'est-à-dire Colonne et son orchestre d'amis qui firent connaître au public Rédemption, de César Franck, et la Marie-Magdelaine de Massenet, mais la direction de M.Duquesnel pris fin et force fut au Concert National de déménager et d'aller s'installer au Théâtre Municipal du Chatelet sous le nom de Concert de l'Association Artistique. Les débuts furent assez difficiles, on joignait péniblement les deux bouts, mais quand les instrumentistes associés se laissaient aller au découragement, leur chef, par de bonnes paroles, par sa confiance en l'avenir, (et aussi quelques fois par de petits sacrifices d'argent), les calmait et les resserrait davantage autour de lui.

En 1892, on lui propose la direction du Concert de l'Opéra. Il n'y reste qu'un an, et retourne à ses chers "Concerts Colonne" ou il va défendre les chefs-d'oeuvre de la musique classique et contemporaine: Bizet, Saint-Saëns, Delibes, Lalo, Charpentier, Debussy, Ravel, en plus de diffuser en France l'oeuvre de Wagner ainsi que celle de l'École russe.

On sait aujourd'hui la réputation européenne qu'ont les Concerts Colonne (c'est ainsi qu'on les appelle à présent) et les éminents services qu'il a rendu à l'art musical de notre pays. A l'heure de sa mort à laquelle lui seul s'attendait de dut être pour Edouard Colonne une grande fierté et une douce consolation que de mesurer par la pensée à quelle hauteur artistique s'était élevée l'oeuvre, fondée par lui il y a quarante ans, à laquelle il a sacrifié son talent et consacré sa vie.

Edouard Colonne était Officier de la Légion d'Honneur. Il avait épousé en premières noces Mlle Irma Marié et en secondes noces Mlle Vergin. Mme Colonne a quitté le Théâtre et est aujourd'hui l'un de nos plus célèbres professeurs de chant.

D'aprés un article d'Emile Pessart - 1910 - La Revue pour Tous

 

Colonne

Source: La revue pour Tous - 24 avril 1910


Affiche Concert

Une affiche de 1874


Au Phonographe

Edouard Colonne n'a enregistré que chez Pathé entre 1906 et 1907. L'intégrale des oeuvres de Colonne a été enregistrée par Claude Fihmann et réédités chez Tahra. Ce CD n'est plus disponible. Plus modestement, la collection DLBEAAF comprend seulement quelques disques :

8933 - La damnation de Faust (Berlioz) - Marche hongroise de Rckoczy <5001>
8934 - Jocelyn (B.Godard) - Scène du bal <5051>
8936 - Invitation à la valse (Weber) <5051>
8941 - La Korrigane - Ballet - Tempo di mazurka (Widor) <5057>
8948 - Danse Hongroise n°1 (Brahms) <5052>
8949 - Danse Hongroise n°2 (Brahms) <5052>
8952 - Le vaisseau fantôme (Wagner) - Choeur des fileuses <5057>

6415 - La damnation de Faust (Faust) - Marche hongroise de Rackoczy
6415 - L'invitation à la valse (Weber)

Pathè-Frères a édité en exclusivité les morceaux suivants:

La Damnation de Faust (Berlioz) - marche hongroise de Rakoczy
Jocelin, scène de bal (Benjamin Godard)
Marche hongroise (Schubert) - Moment musical
Invitation à la Valse (Weber)
Lohengrin, - marche des Fiançailles (Wagner)
Ballet d'Henri VIII - danse de la Gipsy (Saint-Saëns)
Hérodiade, ballet n° 4 (Massenet) - Les Phéniciennes
Hérodiade, (Massenet) - ballet n° 3
La Korrigane (Charles-Marie Widor) - ballet
Marche turque (Mozart)
Marche funèbre d'une marionnette (Gounod)
Ballet de Sylvia (Leo Delibes)
L'Arlésienne - Intermezzo de la 2ème suite (Bizet)
L'Arlésienne - Intermezzo de la 2ème suite (Bizet)
L'Arlésienne, Ouverture de la 1ère suite (Bizet)
Danse hongroise n°5 (Brahms)
Danse hongroise n°5 (Brahms) avec autographe vocal
Danse hongroise n°6 (Brahms)
Danse hongroise n°6 (Brahms) avec autographe vocal
Les ruines d'Athènes (Beethoven)
Marche funèbre (Chopin)
Le Vaisseau Fantôme (Wagner), choeur des fileuses

 

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