Bouchaud, dit Dufleuve

à la Scala

Dufleuve tel qu'il apparaît en 1904 à la Scala.


 

Dufleuve

Voici Dufleuve dans son personnage favori: Boquillon
(Document Paris Qui Chante - Collection de l'auteur)


 

dans Paris Qui Chante en 1904

Une photo plus officielle et sérieuse de Dufleuve


Dufleuve 1904

Source: Paris Qui Chante 1904

 

Edmond Bouchaud est né à Alger en 1870; il obtint le premier prix de sculpture à l'école des Beaux Arts de cette ville. La sculpture lui plaît mais la chanson l'obsède. Il lâche la gouge et débute au concert de La Perle à Alger en 1888, puis à Paris, vers 1890 à l'Européen sous le nom de Dufleuve.

Il compose de très nombreuses chansons pour les vedettes de l'époque; citons quelques unes des ses oeuvres chantées par Polin:

  • Ah! je l'attends
  • L'anguille,
  • Pour la République,
  • La Statue,
  • Y a l'feu en ville,
  • Déserteur,
  • Le soldat méfiant, etc

C'est Dufleuve qui fit aussi les premiers succès de Vilbert: Cantinière-marche, le Ballon Captif, Dégourdi, En route pour la petite guerre, Sacré Fourrier, Rassemblement, Bébert libéré, Sans me fatiguer, Adieux au fourniment, etc.

Bien que déjà connu dans la composition de textes, 1904 marque encore les débuts de chanteur de Dufleuve, qui se cherche encore (on peut voir sur sa photo des attitudes empruntées à Dalbret !). Il interprète déjà un grand nombre de chansons dont une chanson comique 'Ceux qui s'font jamais d'bile', (une critique de la police municipale) dont les paroles sont de E.Rayel et la musique de Dérouville et Raiter, et éditée dans le Paris Qui Chante d'avril 1904. Il se donne ensuite à Parisiana, Gaïté-Rochechouart, Scala, Théâtre Royal et Ambassadeurs.

En 1908, Dufleuve obtient en 1908 le summum du succès. Il est déjà l'auteur de plus de trois cents chansonnettes, sérieuses et même mélancoliques, mais aussi comiques, duos, pièces et romances populaires, citons quelques titres:

  • Ca c'est l'amour, (appelé aussi Quand on aime),
  • Parigot et paysan,
  • La température,
  • J'ai l'allure
  • De tout coeur,
  • Le Chien de Ninette,
  • Garde ton coeur, Madeleine,
  • Disez-le,
  • Pétronille,
  • Amen Secula pan pan,
  • La température,
  • Chantons clair, une chanson comique dite 'Redistribution de la pièce d'Edmond Rostand' !

  • Folie-marche,
  • Les p'tits ballons,
  • Le petit soldat de bois,
  • Boquillon est de planton,
  • J'ai du cinéma,
  • Mettez-y un doigt,
  • Je la veux,
  • Bon tout d'même,
  • La Marseillaise de Boquillon (Musique de Georges Raoul),
  • etc.

Dufleuve ne chante plus que ses oeuvres; auteur et interprète il s'en trouve le mieux du monde. Ses textes sont le plus souvent mis en musiques par Laurent Halet, Nicolay, Fernand Heinz, Raoul Georges. devient membre de la fameuse Société des Auteurs qui le compte parmi ses meilleurs chansonniers.

Il créer vers 1908 un genre nouveau, le Boquillon moderne, type de fantassin jovial et désinvolte qui diffère absolument du Pioupiou narquois et ingénu de Polin, et du troupier naïf et ahuri de Vilbert. Dans son Boquillon, Dufleuve a su mettre toute sa fantaisie trépidante. Il s'incorpore avec son bonhomme, il lui prête son ironie bon enfant, il le vit, le mime, le chante, il le joue en vrai comédien avec un brio extraordinaire. C'est vraiment le type du soldat parisien, joyeux et à la coule, le képi sur l'oreille, et la blague au coin de la lèvre: Gavroche à la caserne!

Rien n'est plus rare ni plus difficile que d'inventer un type au café-concert. On peut dire que Dufleuve y a pleinement réussi: son Boquillon, ce griffeton de Pantruche, qui sait exprimer avec un esprit et une verve inlassables la philosophie du pioupiou moderne, peut figurer au premier rang des types le plus célèbres.

Il y a eu le genre Paulus; nous avons le genre Polin, le genre Dranem, le genre Mayol,... et depuis Boquillon, le genre Dufleuve. Ajoutons que Dufleuve est le meilleur des camarades et qu'il a toujours prêté grâcieusement son concours aux oeuvres de bienfaisances.

Il laisse aux disques chez Pathé ses chansons interprétées par lui-même :

Edités chez Pathé avant 1916:

  • 1674 - Chantons-clair - Chansonnette comique
  • 1677 - J'ai l'allure - Chansonnette comique
  • 1754 - Disez-le - Romance comique et légère
  • 1823 - Bon tout d'même - Chanson comique
  • 1825 - Y en a plus -Chanson comique et légère
  • 1856 - Je la veux
  • 1990 - Ma petite Nana

Ré édités après 1916:

  • 4013 - Dancing partout (G.Krier) - Chansonnette grivoise

  • 4013 - La famille Kikempois (Jardin) - Chansonnette grivoise
  • 4014 - Parce qu'ils étaient amoureux
  • 4014 - Lot d'un an
  • 4015 - Le troupier national (Codini)
  • 4015 - J'm'en balance (Codini)
  • 4598 - Chantons clair (Bachmann) - Chansonnette comique
  • 4598 - Disez-le (R.Georges) - Chansonnette comique
  • 4599 - Un p'tit bibelot (Casa)
  • 4599 - Y en a plus (Georges)
  • 4806 - Je la veux
  • 4806 - Ma p'tite Nana
  • 4914 - C'est mon Angélina
  • 4914 - Bon tout d'même

En 1920, il chante aussi 'Si tu m'aimes embassons nous', musique de R.Georges. Il est à la Scala en 1924.

Il décède en 1945, agé de 75 ans. Il était l'époux de Lise Fleuron, chanteuse (source: mémoires de Polaire)

Son évocation ne serait pas complète sans dire un mot de sa soeur Polaire, née Marie Bouchaud à Alger, en 1874, elle «monte» à Paris en 1891 (elle a alors dix-sept ans) pour rejoindre son frère qui chante à l'Européen et décide elle aussi de faire du Music-Hall et du théatre. Elle défraya la chronique de son époque, mais cela est une autre histoire...

Gérard Frappé,d'après un texte de Paris Qui Chante du 10 Août 1908

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