Fortugé, le p'tit rouquin du faubourg Saint Martin

Mise à jour: 21 novembre 2010

 

De son vrai nom, Gabriel Fortuné, il est né à Perpignan en 1887.

Très jeune, il entre dans une troupe de pantomime et commence des petites tournées en province pour gagner sa vie. Il imite alors les grands comiques de l'époque: Paulus, Polin, Mayol... Vers 1910, ses premiers succès à L'Etoile-Palace le décident définitivement à se tourner vers la chanson comique. Le chansonnier Henry Fursy qui l'avait entendu dans un concert de quartier lui obtient un contrat à la Scala.

Fortugé est doué d'une voix de ténor et le nouveau genre de personnage qu'il crée va séduire bien vite un public qui deviendra le sien. Martin Pénet le décrit ainsi: "ce ténor aux cheveux roux et courts se présente vêtu d'un vieux costume cintré et d'une fine cravate blanche".

Commence alors son ascension fulgurante: on le retrouve à L'Alhambra en 1910, au Palais de Cristal à Marseille en 1912, à l'Horloge, etc.

Dès 1912, Fortugé enregistre pour la maison Pathé-Frères ses premiers succès: Ah, que d'amour, Souvenirs de Pieu, Dans c't'auto, ou encore C'était un gosse.

Le 11 juillet 1914, il joue dans une revue de P.L Flers "7 ou 9 aux Ambass' " en compagnie de Dranem, Lucette Darbelle et Gaby Benda entre autres.

Malheureusement, ce succès se trouve interrompu par la grande guerre, il est mobilisé sur le front oriental où il contracte le paludisme.

Après la guerre, Fortugé reprend ses tours de chants. On peut le voir à L'Olympia, au Casino de Paris, à l'Européen, à La Gaîté Montparnasse; il est devenu un artiste incontournable du Café-Concert. Il continue d'effectuer les enregistrements de ses succès chez Pathé et chez Gramophone.

Le 13 janvier 1923, Fortugé joue à la Cigale sans doute pour la dernière fois sur scène dans la revue 'T'excite pas comme ça'(M.Eddy et J.Deynar) avec Magnard, Jullien, Castel, Maryse Tirville, Renée Dyane et Yo Maurel.

Malheureusement, alors que sa cote montait de façon vertigineuse, il est resté fragilisé par le paludisme et on dit qu'il meurt d'un coup de froid un jour de 1923, seulement âgé de 36 ans (Maurice Chevalier dans ses mémoires dit qu'il meurt d'une maladie des viscères).


Là encore, le phonographe est un merveilleux révélateur de son talent et on mesure combien il est important d'avoir pu enregistrer tous ces artistes. Fortugé livre aux disques une vingtaine de ses succès. On trouve les moins connus mais aussi tout aussi savoureux que ceux qui firent ses succès; les plus connus seront d'ailleurs repris plus tard par d'autres comme entre-autres Saint-Granier ou Bourvil.

Son répertoire est souvent basé sur l'humour coquin, voir grivois, mais il ne dépasse jamais les limites du convenable. Sa chanson 'J'suis le p'tit jeune homme que vous cherchez'

semble être une réponse humoristique à la chanson chantée par Nitta-Jo 'Le jeune homme du Métro (H.E.Darewsky)' éditée elle aussi chez Pathé sous le n° 589.


Il n'hésite pas à aborder, comme peu d'autres l'auront fait, la chanson homosexuelle comme 'Le p'tit rouquin du faubourg Saint Martin', une chanson plus qu'équivoque qui aujourd'hui serait probablement censurée...

Vers 1927, la maison Pathé décide de presser des disques à aiguilles, dont les étiquettes rouge et or portent le label 'la vieille chanson française, ceux qu'on n'entendra plus'. Elle choisit ainsi Fortugé parmi les nombreux artistes disparus (Botrel, Fragson, Mercadier, Noté et Polin). Pour rendre hommage à Fortugé, Pathé proposera deux titres publiés auparavant sur disque à saphir 'Pathé Actuelle': il s'agit de 'J'veux garder mon chapeau' et 'Mes parents sont venus m'chercher'.

Fortugé, inspiré par Polin et Paulus, ses ainés, aura su créer un genre nouveau, loufoque et touchant à la fois dont les futures générations tels que Bourvil ou Boby Lapointe qui s'en inspireront à leur tour.

Un article signé Samuel Marc - Phon-o-folies

Fortugé

Source Petit format: On n'me prend pas au sérieux


 

Mes parents sont...

Source: Collection Samuel Marc

Disponibles dans nos collections:

Tous ces disques Pathé sont datés après 1916, ils ont naturellement en 80 tours/mn:

3551 : Dans c't'auto
3551: Tout bleu tout bleu

3552 -Y savait pas ou C'était un gosse
3552 - Pieu souvenir ou souvenir de pieu

3553 - A que l'amour
3553 - La chanson des peaux

4082 - Chanson du trombone (Laurent Halet) - Fox-trot - de l'Olympia

4082 - Je cherche papa (E.Gavel) - Chansonnette comique - de l'Olympia

4088 - Mes parents sont venus me chercher (Blanche Poupon)
4088 - Par jalousie (Blanche Poupon)

4089 - Je suis toujours là (Gabaroche & Fred Pearly) - Chansonnette - de la Scala
4089 - Le p'tit rouquin du faubourg St-Martin (Fred Mêlé) - Paroles de Montagard - Chansonnette

4113 - Ah! Quand donc (Fred Pearly) - Chansonnette comique
4113 - C'est jeune et ça ne sait pas (Borel-Clerc) - Fox-Trot

4114 - Elle aime ça (Fred Pearly) - de la Scala
4114 - J'suis le p'tit jeune homme que vous cherchez (Gabaroche et F.Pearly) - Paroles de Phylo

4908 - Dans c't'auto
4908 - Ah que l'amour

4964 - Le pâtre des Batignoles
4964 - J'veux garder mon chapeau

Chez Gramophone

BE254 - Antoine - Chansonnette comique 2-232149
BE255 - Je cherche Papa - Chansonnette comique - 2-232150

Disponibles chez Samuel Marc :

Disques Gramophone:

BE 257-1 Par Jalousie - grivois (Poupn)
BE256-1 - Je suis toujours là

BS 834-II Ah, Quand donc (Fred Pearly)
BS 837-I - Une jolie jambe dans un joli bas (Chagnon)

BS 835-II - C'est jeune et ça n'sait pas (Borel-Clerc)
BS 837-II - La bonne aubaine (Gabaroche et Fred Pearly)

 

L'amour

un petit format des années 20

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