Yvette Guilbert, la Diseuse Fin de Siècle

Une dame sidérante par plus d'un aspect: Quand on pense qu'elle est née en 1868, qu'elle a été immortalisée en peinture par Toulouse-Lautrec, qu'elle aura été grand prix de diction en 1934, on se demande à quelle époque appartient Yvette Guilbert. Elle chante des genres très différents, toujours avec le même succès: du répertoire réaliste d'Aristide Bruant, en passant par les chansons grivoises, enfin "à la Vieille Chanson de France", qu'elle remet au goût du jour.

Prenons connaissance de son histoire:

Comme bien des femmes coquettes, l'année de sa naissance est incertaine... 1865, 1867, ou 1868 ? En fait, elle serait née en 1865 à Paris (elle laissa un flou artistique sur cette date de naissance, dans certaines revue de 1900, on trouve d'autres dates).

Sa jeunesse est contrastée, avec des périodes d'aisance financières (sa mère était fille d'une famille aisée du Nord) et des périodes de disettes, (son père a perdu beaucoup d'argent au jeu et quittera le foyer conjugal). Elle est obligée d'être mannequin chez un couturier.

Elle débute aux Bouffes du Nord en 1888, puis aux Nouveautés et à Cluny en 1889, enfin aux Variétés où elle s'essaye dans le répertoire du théâtre (le Fiacre 117, de Millaud et Najac. En compagnie de Réjane elle y jouera 'Décoré' de Meilhac en 1888).

Ses débuts dans la chanson sont très difficiles, elle se fait chahuter au Casino de Lyon et doit même écourter son contrat... Elle tient deux mois à L'Eldorado...En fait sa vraie carrière débute modestement avec le Café-concert en 1890, à l'Eden-Concert. Elle trouve l'opportunité de chanter à Liège et à Bruxelles où elle reçoit enfin le meilleur accueil. Elle passe au Moulin Rouge et au Divan Japonais après avoir claqué la porte de l'Eden-Concert, puis s'attaque aux salles purement parisiennes: Concert Parisien, puis la Scala, aux Ambassadeurs, aux Folies Bergères, à l'Olympia dans le répertoire léger et/ou grivois, comme 'Je suis pocharde'(sur une musique de Louis Birec). . Elle obtint enfin un succès considérable, notamment avec le concours d'Aristide Bruant, ou de Xanrof et ses amis du 'Chat Noir'.

Elle épousera en 1897 M. Schiller, connu dans le milieu du théâtre où il a été "manager" de Sarah Bernardt, et elle change de style en s'orientant vers la Vieille chanson de France, qu'elle préférera au répertoire 'grivois'.

Yvette Guilbert

Yvette Guilbert lors d'un spectacle vers 1900
(Extrait de la revue Paris qui Chante)

En 1900 commence ce qu'Yvette Guilbert appellera sa 'seconde carrière' ou elle va s'efforcer de retrouver et de remettre en scène des 'vieilles chansons de France'. Elle brillera avec ses 'Chansons Pompadour' dès 1905.

Elle restera dans les mémoires dans les répertoires lestes et satirique, dans le répertoire de 'Aristide Bruant qu'elle portera sur les scènes chics de Paris, comme 'A la Villette (d'Aristide Bruant)'

et enfin dans l'étude et la restauration des chansons anciennes de France: 'Verligodin'

De 1915 à 1922, elle va s'installer aux Etats-Unis, et s'efforcera de représenter la Chanson Française. Elle monte à New York un conservatoire de la Chanson Française, donne des conférences, notamment à la Columbia University.

Elle montera à Paris une école de chant, on la rencontre aussi dans quelques films: 'Les deux Gosses', 'Les Misérables', 'Pécheur d'Islande'. Elle est décorée en 1932 de la Légion d'Honneur.

Elle aura adopté une tenue de scène immuable: Une robe vert-amande, et une paire de longs gants noirs. Rendons aussi hommage à sa pianiste favorite, Irène Aitoff, (du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris) qui l'accompagna dés la parution des disques électriques, et qui décèdera en 2006 à 101 ans !

Elle édite chez de nombreuses maisons telles que Gramophone & typewrier, (1908), Victor (1909) Columbia (1918), Pathé Frères lui consacrera dés 1898 plus de 60 titres enregistrés sur cylindres sous le fameux label 'Répertoire Yvette Guilbert' (chanté par elle-même, mais aussi par Mme Rollini, et M. Famechon-Barbin), et aussi des disques (voir plus bas).

Yvette Guilbert réenregistrera chez Pathé en 1933 et 1934. Ses éditions seront bien sur sur disques à aiguille avec un enregistrement électrique. Les progrès sonores se font entendre vis à vis des disques de 1910, comme par exemple avec Verligodin, ou L'éloge des vieux.

Elle décède en 1944 à Aix en Provence.

Gérard Frappé

Bibliographie: Panorama des cylindres Pathé, de G.Humbert
Chansons et Monologues sur les disques à saphir Pathé (1911 à 1918), du même auteur,
La chanson de ma vie (mes mémoires) écrit par Yvette Guilbert chez Grasset - 1927
Remerciements à M.Emmanuel Viala pour la mise à disposition de documents de sa collection particulière.

Pompadour

Yvette Guilbert dans un costume 'Pompadour'

En disques Pathé Frères:

1384 Les demoiselles à marier

85 Les demoiselles de pensionnat

1395 Fleur de berge
1407 Idylle Normande

1529 Le mollet de Rose
1721 On dirait qu' c'est toi

1529 Le mollet de Rose
1466 La soularde

1461 Partie carrée
1451 Le petit cochon

1452 La pocharde
1456 Quand ça l'prend

1477 Les vierges
1478 Les vieux messieurs (monologue)

1456 Quand ça l'prend
1529 Le mollet de rose

En cylindres (non disponibles en enregistrement chez DLBEAAF):

1364 Les belles manières
1366 Au dodo (1898) - La peureuse (1907)
1367 L'aveugle et le paralytique (1898) - La belle fille et le petit bossu
1370 Berceuse verte
1472 L'Auvergnat
1374 Conseils de grande soeur (1898) Ma mère, il me tuera (1910)
1375 Le clou
1376 Les cabotines (1376) - Tirez le rideau (1907)
1377 Chanson de l'époux
1384 Les demoiselles à marier
1385 Les demoiselles du pensionnat
1390 Effets de lune
1391 Eve interviewée
1392 Les filles
1393 Filourette
1394 Les femmes mariées
1395 Fleur de berge 1400 Gare les rayons X
1401 Les gaffes téléphoniques
1402 La glu
1403 Le goupillon
1404 Les grues
1405 L'homme est-il parfait?
1406 Heloïse et Abélard
1407 Idylle normande
1408 L'ingénue de Grenelle
1440 Les ingénues
1441 Par un clair de lune
1442 Les petits couchers
1443 Le petit panier de Pierette (1898) - A la Villette (1904)
1444 La pieuvre (1898) - Ma tête (1904)
1445 La pierreuse (1898) - Je suis dans l'Bottin (1904)
1446 Les petits vernis
1447 Le petit modèle
1448 Pompette
1449 La promise
1451 Les petites chatteries
1451 Le petit cochon
1452 La pocharde
1453 Le papillon qui passe
1454 Les petits péchés de la rosière
1455 Les 4 z'étudiants
1456 Quand ça l'prend
1457 Réponses de Virginie
1458 L'exemple
1459 Les boeufs
1460 Souvenirs de vierge
1461 Les saintes nitouches
1462 Le secret des hommes
1463 Les salons parisiens
1464 Les 6 potaches
1466 Sainte Galette
1467 Silouhette anglaise
1469 Tu payes un bock
1470 Le trou du chat
1471 Les toutous
1472 Trois petites filles
1473 Le train de ceinture
1476 Les vieilles cocottes
1477 Les vierges
1478 Les vieux messieurs
1480 Si tu savais, ma chère
1481 Le fiacre

 

Guilbert2

Avec sa fameuse robe 'Vert Nil'

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