Histoire de Pathé Frères : La jeunesse

maj décembre 2010


Les débuts des vocations de Charles et d'Emile

En Août 1894, Charles découvre le phonographe Edison à la foire de Vincennes (l'actuelle Foire du Trône); il a immédiatement le coup de foudre pour cet appareil et veut en acheter un pour commencer à faire des démonstrations sur les foires. Avec l'aide de sa mère, il réunit la somme de 1 800 Francs (1 000 francs l'appareil proprement dit et 800 Francs d'accessoires), et s'en procure un pour l'exploiter le 9 septembre 1894 avec sa femme à la foire de Monthéty, village de Seine et Marne. Il fait écouter des cylindres et demande 20 centimes par morceau. Il gagne 200 francs en une seule journée ce qui représente une petite fortune (un ouvrier à l'époque ne gagnait que 5 francs par jour)!.

Comme il a le sens des affaires et que d'autres forains lui demandent l'origine de sa machine pour l'exploiter à leur tour, il décide d'acheter d'autres appareils en Angleterre, qu'il revend presque immédiatement avec un substantiel bénéfice...

Fort de cette première réussite, il loue en 1895 une boutique au 72 Cours de Vincennes, puis se rend fréquemment à Londres toujours pour acheter des contrefaçons de phonographes Edison. A cette époque, tout ce qu'il vendait venait de l'étranger, notamment du matériel Edison : machine, moteurs électriques et cylindres vierges.

C'est aussi à Londres qu'il découvre le Kinétoscope, invention d'Edison. Cet appareil permettait de visualiser de la 'photographie animée' grâce à des bandes transparentes. Cet appareil va donner l'impulsion à sa carrière cinématographique. Il commence à enregistrer des cylindres lui-même, notamment le dernier discours du président Sadi Carnot, prononcé à Lyon au sujet de la conquête de Madagascar (il ne dira que tardivement que c'était lui qu'il l'avait enregistré à la déception de ceux qui croyait détenir un exemplaire de la voix de Sadi Carnot…).

A l'époque, la reproduction du son était encore un phénomène incroyable, et son magasin n'est pas loin de la foire du Trône. Les forains lui achètent des phonographes et des cylindres enregistrés.
Charles Pathé va rencontrer Joseph Joly, mécanicien photographe, fort intéressé par ces nouveaux appareils. Ce sera le début d'une longue épopée pour Charles qui va peu à peu s'éloigner de l'enregistrement et la production des cylindres et se tourner définitivement vers le cinéma.

Exposition 1889

Cette gravure date de l'exposition Universelle de 1889 et témoigne de la magie qu'exerçait 'la voix enregistrée' sur le stand Edison. Cette magie a permis à Charles de développer son affaire sur les marchés.


kinetoscope

Kinétoscope avec un Phonographe à cylindre intérieur, 1895

De septembre 1896 à décembre 1897: L'époque Pathé Frères

Emile Pathé Le 28 septembre 1896, c'est après la mort de leur mère en juin que Charles , Emile, Jacques, et Théophile fondent la société "Pathé Frères", société en nom collectif au capital de 40.000 Francs. Chaque frère et sœur a été encouragé par feu-leur mère à investir dans cette nouvelle entreprise. Ils mettent chacun 8 000 Fr dans la nouvelle société. Jacques et Théophile se retirent rapidement et les deux frères Charles et Emile durent s'arranger entre eux. Emile qui croyait en cette aventure s'impliqua fortement et il vendra son commerce pour la recapitalisation de la société. Charles étant passionné des nouveaux appareils de cinéma, Il s'occupera de la branche cinématographique seulement et Emile prendra la responsabilité de la branche phonographique à l'intérieur de la même société, Pathé Frères.
Grâce au capital de la nouvelle société, et toujours poussé par cet esprit de conquête, le tout premier magasin est loué au 98 rue Richelieu à Paris, et s'appelle le " salon du phonographe ". Il est situé quasiment en face du magasin de l'importateur des machines Edison, M.Werner ! A cause de cette nouvelle concurrence , M.Werner arrêtait quelques temps après et c'est la société Pathé Frères qui lui rachetait le stock. Sur les premiers phonographes, Pathé adopte comme motif de référence le fameux coq chantant, avec la mention : "Je chante haut et clair".

Ils vendent donc des phonographes à cylindres et des cylindres vierges. C'est à ce moment que les 2 frères ont l'idée de vendre des cylindres enregistrés. Cette production à l'époque était réalisée directement sur plusieurs machines de gravure couplées acoustiquement par un simple tuyau. Une équipe de récitants et de chanteurs qui acceptèrent de chanter pour de maigres cachets des morceaux qui étaient demandés sur commande fut enrôlée. Quelques chanteurs célèbres se joignirent aussi à l'aventure, tels que Vallade, Boyer, Aumônier, Charlus, Bergeret et beaucoup d'anonymes (des artistes 'forçats', qui enregistraient 40 fois par jour le même morceau faute de moyens de reproduction en masse!). Voir également l'article sur les droits d'auteurs.

En 1896, la production devient suffisamment importante pour que la société édite un catalogue. C'est le catalogue dit 'étroit' qui reprend toute les pièces disponibles à la vente pour la réparation des phonographes. Il compte environ 800 titres.

Coq

Le fameux Coq Pathé

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